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CE QUI SE LIT DANS LES PLIS

Noémie Dubé​

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[Biographie]

Titulaire d’un certi#cat en création littéraire de l’UQAM, Noémie Dubé y poursuit une majeure en histoire de l’art. Guidée par une perspective interdisciplinaire, elle s’intéresse à l’historiographie et aux enjeux de la mise en exposition. En parallèle, la pratique de la poésie l’invite à interroger les relations entre texte et image au sein de ses recherches
académiques. Son implication dans les milieux artistique et littéraire alimente une réflexion constante sur l’impact de la médiation dans la réception des œuvres.

Ce printemps 2026, Judith Bellavance parvient une fois de plus à traduire le funèbre en beauté déstabilisante. Présentée à l’Espace DÈS à Montréal du 11 au 28 mars, son exposition Histoires de disparitions propose de réfléchir aux endroits où se loge la mémoire par un travail différent du portrait photographique. Sous la forme d’une installation à l’esthétique éthérée, l’œuvre invite à une déambulation au cœur d’une série de photographies grand format présentant des « portraits vestimentaires ». Témoins d’existences désormais révolues, les habits photographiés sur leurs cintres ont appartenu à des personnes que Bellavance a embaumées.


Si les % murs d’ornements funéraires '1 créés pour l’exposition La question du devenir (2020) laissaient déjà entrevoir le croisement entre la pratique de l’artiste et son travail dans le domaine funéraire, Histoires de disparitions révèle la convergence de son art et de l’expérience de l’intime inhérente à son métier de thanatopractrice. Après les interventions de conservation sur les corps, l’embaumeuse doit les vêtir d’une dernière tenue. Lorsque Judith Bellavance découvre les vêtements qui lui ont été remis par les proches des défunt·e·s, elle en sonde les coutures, les mailles, les taches, à la recherche de ce qui reste des vies de celleux qui les ont portés. Elle lit dans chaque vêtement les indices d’une histoire qu’elle documente en les photographiant. Ce faisant, elle poursuit la réflexion entourant la perte, la matérialité et la narration qui traverse l’entièreté de son travail artistique. Elle met en évidence l’essence de sa pratique multidisciplinaire : l’observation sensible de la fragilité du réel. La force de l’œuvre de Judith Bellavance réside d’ailleurs dans ce jeu de proximité, que la scénographie de l’exposition rend manifeste. Les « portraits vestimentaires » disposés dos à dos et selon des orientations variables exigent des spectateur·ice·s qu’iels s’introduisent dans l’installation en se faufilant entre chaque panneau. On frôle les photographies et les autres visiteur·euse·s, puis ...

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